6 - Autres bâtiments ayant servi à la formation des officiers élèves

Les Vaisseaux-école d’application furent créés par décret du 10 octobre 1864 sous le nom de "Ecole d’Application de la Marine", supprimés de 1882 à 1884 et rétablis par décret du 3 mai 1886.

Un certain nombre de bâtiments se succédèrent dans cette attribution.

L’Ecole Navale a été créée par l’ordonnance royale de Louis-Philippe du 1er novembre 1830, qui décida que l’Ecole d’Angoulême établie à Brest depuis le 7 mai 1827 sur le vaisseau Orion, porterait le nom d’École Navale.

L’Orion, lancé à Brest en 1813, fut la première Ecole Navale de 1830 à 1840.

Puis il y eut 3 Borda, vaisseaux à trois-ponts qui succédèrent à l’Orion :

Le Borda ex Commerce de Paris (1807-1884), vaisseau de 110 canons du type éponyme, conçu sur plans Sané comme prototype des vaisseaux 3 ponts à construire à Anvers. La construction, qui est ordonnée le 14 mai 1804, et commence à Toulon en décembre 1804, est le fruit d’un don des commerçants parisiens à la République (27 mai 1803). C’est sans doute ce qui explique que baptisé dans un premier temps le 7 novembre 1804 Ville de Paris, il prit dès le 21 novembre le nom de Commerce de Paris. Mis à flot le 8 août 1806, il eut une carrière aussi longue que relativement tranquille, dans un premier temps à Toulon de 1808 à 1814, puis Brest, où il désarme le 2 décembre 1814. Entre 1822 et 1825, il est rasé d’une batterie pour améliorer ses qualités nautiques. Puis il est rebaptisé plus simplement Commerce le 9 août 1830 (pour éviter toute confusion avec le Ville de Paris). Le 18 décembre 1839, il prend le nom de Borda, car il va peu après remplacer l’Orion comme bâtiment amiral de l’Ecole Navale. Ce fut l’Ecole Navale, de 1846 à 1848, de Georges de Parseval. Après plus de vingt ans au service de l’Ecole Navale, le 10 août 1863, il est rebaptisé Vulcain, pour servir comme bâtiment central de la réserve jusqu’en 1884. Condamné en avril 1884, il est démoli l’année suivante à Brest.

Le Borda ex Valmy (1849 -1891), vaisseau de 120 canons qui devait s’appelait Formidable, mais fut renommé Valmy en 1836. Conçu sur plans Leroux, c’est le plus grand vaisseau à voiles alors jamais construit en France. Sa construction débute à Brest le 1er mars 1838, et il est mis à flot le 25 septembre 1847. Après une série d’essais sous voiles en novembre 1849, il rejoint l’escadre d’évolution. C’est avec le Jupiter qu’il fait une croisière en juillet-août 1850 de Naples à Tunis puis Cherbourg. En 1854-55, il participe à la guerre de Crimée en mer Noire, plus particulièrement au bombardement de Sébastopol (17 octobre 1854). Mis en réserve à Brest en janvier 1856, il reste un moment sans être utilisé. Le 18 août 1863, il est renommé Borda, et prend quelques mois après la place de l’ex Commerce de Paris à l’école navale. En 1890, il est rayé des listes et renommé Intrépide (simple échange de nom avec son successeur le vaisseau rapide prévu en mixte). Il est condamné à Brest en 1891.

Le Borda ex Intrépide (1864-1889), vaisseau rapide prévu en mixte, de type Algésiras dont la construction est ordonnée en juin 1853 à Rochefort, et débute le 2 septembre 1853, sous le nom d’Intrépide. Devenu obsolète en raison des retards survenus lors de sa construction, . Il est transformé sur cale en transport en 1863-64. Enfin mis à flot le 17 septembre 1864, il sera armé à Rochefort. De décembre 1866 à juin 1867, il effectue le rapatriement du corps expéditionnaire du Mexique (CV Claude Gennet). Le 16 juillet 1881, il participe à la prise de Sfax. Affecté en 1883 à l’Ecole Navale, il est en 1887 mis en réserve à Toulon, amarré à Missiessy et servant comme caserne. C’est en 1890, qu’il est renommé Borda, et commence une nouvelle carrière à l’Ecole Navale. Il sera le dernier Borda vaisseau-école de 1890 à 1913. Il reçut le surnom de Baille, qui désignait un bâtiment quelconque, sale et mal tenu !. Ce dernier Borda, souvenir et tradition de milliers de bordaches, patrimoine historique inestimable, transformé en épave humiliante, terminera misérablement sa carrière à la démolition du cimetière de Cherbourg le 28 juin 1914.

Le Jean-Bart (1852-1868), mis sur cale à Lorient le 26 janvier 1849, il est mis à flot le 14 septembre 1852. Armé en guerre, en mer Noire pour la guerre de Crimée (1854-55), il participe le 17 octobre 1854 au bombardement de Sébastopol. En avril 1855, il transporte 1054 passagers d’Alger à Kamiesch (CV d’Aboville). Le 17 octobre 1855, il est présent lors de la prise de la forteresse de Kinburn. En 1856, on lui installe une machine à vapeur pour le transformer en vaisseau mixte. De 1864 à 1873, il sert comme Ecole d’Application des aspirants et fait de multiples croisières à travers le monde (Dakar, Bahia, Rio, Montevideo, Le Cap, New-York, Lisbonne, ...). Le 8 mars 1867, il est envoyé avec l’Achéron de Fort-de-France en Jamaïque pour tenter de relever la Gironde échouée, mais sans succès. En septembre 1868, il permute de nom avec le vaisseau décrit ci-dessous et devient la Donawerth. Sous cette appellation, il sert de bâtiment central de la réserve à Brest (1881-86). Condamné en 1881, il prendra le nom de Cyclope en 1886.

Le Jean-Bart ex Donawerth (1868-1873), mis en chantier à Lorient le 27 juillet 1827 sous le nom d’Alexandre, il prend le nom de Donawerth en 1839, alors qu’il est toujours en construction, à l’état plus ou moins abandonné. C’est une longue et difficile transformation qui va le faire passer de l’état de vaisseau à voiles à vaisseau mixte, équipé d’une machine à vapeur. Il est mis à flot le 15 février 1854, et subit son baptème du feu lors de la guerre de Crimée (1854-55) en Mer Baltique puis en mer Noire, armé en transport. En novembre 1855, il quitte Toulon pour Cherbourg, où, à partir de l’année suivante, halé à terre, il va subir un long carénage jusqu’à 1858. En 1860, il retrouve Toulon et l’escadre de la Méditerranée (CV Jean Simon), et effectue une mission à Beyrouth avec le Redoutable (7/1860). En 1862, il fait une campagne à Naples, Alger, Oran et Ajaccio. Il est à nouveau refondu à Lorient en 1865. Ce n’est qu’en septembre 1868 qu’il est rebaptisé Jean Bart, et c’est sous ce nom qu’il sert plusieurs années comme école d’application. Il est renommé Cyclope en 1886 alors qu’il est utilisé comme bâtiment central de la réserve. En trop mauvais état, sa coque est démolie à Brest en 1897.

Puis il y eut la Renommée (1873-1875) et la Flore (1875-1882).

Après le rétablissement de l’Ecole en 1886, il y eut : L’Iphigénie (1881-1901) elle a servi, de 1886 à 1900, d’école d’application des Enseignes de Vaisseaux à seize générations d’aspirants de deuxième classe qui se succédèrent et pour lesquels il était « l’Iphi ». L’Iphigénie était une frégate mixte déplaçant 3 200 tonnes, à voilure de trois-mâts carré et machine de 550 chevaux. Elle a été construite à Brest de 1877 à 1881, a été radiée du service le 4 décembre 1901 et démolie à Brest en 1905.

Après l’Iphigénie, il y eut le Duguay-Trouin ex Tonkin (et Vaisseau-Ecole provisoire en 1913-1914) de 1900 à 1912.

Après avoir été provisoirement installée sur le Duguay-Trouin de octobre 1913 à août 1914, l’Ecole Navale a été fermée de août 1914 à octobre 1915, puis définitivement installée à terre, successivement à Laninon de 1915 à 1935, à Saint-Pierre Quilbignon (1935-1940), puis à Dakar, Toulon et Clairac et enfin à Lanvéoc- Poulmic, au sud de la rade de Brest, depuis mai 1945.

Source Internet : les Parseval et leurs alliances


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